
« Je pense que les artistes, et parfois les œuvres d’art, ont cette capacité à mettre en lumière la fragilité et la souffrance du monde. C’est pour cela que nous avons besoin de l’art : il nous aide à rester conscients de nos erreurs, de la souffrance que nous causons et de ses conséquences. »
1. BIOGRAPHIE
Kader Attia a grandi à Paris et en Algérie. Avant d’entreprendre ses études à l’École supérieure des arts appliqués Duperré et à l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, ainsi qu’à l’Escola Massana, Centre d’Art i Disseny à Barcelone, il a passé plusieurs années au Congo et en Amérique du Sud. Le fait d’avoir vécu au cœur de différentes cultures, dont l’histoire, au fil des siècles, a été marquée par de riches traditions commerciales, le colonialisme et des sociétés multiethniques, a façonné l’approche interculturelle et interdisciplinaire de la recherche de Kader Attia. Depuis de nombreuses années, il explore la manière dont les sociétés perçoivent leur histoire, notamment en ce qui concerne les expériences de privation et d’oppression, de violence et de perte, ainsi que la manière dont cela influe sur l’évolution des nations et des individus — chacun d’entre eux étant lié à la mémoire collective. Ses recherches socioculturelles ont conduit Kader Attia à la notion de « réparation », un concept qu’il développe sur le plan philosophique dans ses écrits et sur le plan symbolique dans son œuvre d’artiste plasticien. Le principe de réparation étant une constante de la nature — et donc également de l’humanité —, tout système, toute institution sociale ou toute tradition culturelle peut être considéré comme un processus infini de réparation, étroitement lié à la perte et aux blessures, à la récupération et à la réappropriation. La réparation dépasse largement le sujet et relie l’individu au genre, à la philosophie, à la science et à l’architecture, tout en l’impliquant dans les processus évolutifs de la nature, de la culture, du mythe et de l’histoire. S’inscrivant dans l’idée de catharsis, son travail vise à permettre à l’art de se réapproprier le champ des émotions qui, s’étendant de l’éthique à l’esthétique, de la politique à la culture, relie les individus et les groupes sociaux à travers l’expérience émotionnelle, et qui risque d’être accaparé par les récents mouvements nationalistes. En 2016, Kader Attia a fondé « La Colonie », un espace parisien dédié au partage d’idées et servant d’agora à des débats animés, qui étend sa pratique de la représentation à l’action. Axé sur la décolonisation non seulement des peuples, mais aussi des savoirs, des attitudes et des pratiques, cet espace aspire à décloisonner le savoir grâce à une approche transculturelle, transdisciplinaire et transgénérationnelle. Animé par l’urgence des réparations sociales et culturelles, il vise à réunir ce qui a été brisé ou s’est éloigné.
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Les œuvres de Kader Attia ont été présentées dans le cadre d’expositions collectives et de biennales telles que la 15e Biennale de Sharjah (2023) ; la 12e Biennale de Shanghai (2018) ; la 12e Biennale de Gwangju (2018) ; Manifesta 12, à Palerme (2018) ; la 57e Biennale de Venise (2017) ; dOCUMENTA(13), à Kassel (2012) ; le Met Breuer, à New York ; la Kunsthalle Wien ; le MoMA, à New York ; la Tate Modern, à Londres ; le Centre Pompidou, à Paris ; ou encore le Solomon R. Guggenheim Museum, à New York. Parmi ses expositions personnelles notables, citons le MUAC, à Mexico (2025) ; le MO.CO, à Montpellier (2024) ; le MATHAF, à Doha (2022) ; le Kunsthaus Zürich (2020) ; le Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive (2019) ; la Hayward Gallery, à Londres (2019) ; la Fundació Joan Miró, à Barcelone (2018) ; le MacVal, à Vitry-sur-Seine (2018) ; The Power Plant, à Toronto (2018) ; le Museum of Contemporary Art, à Sydney (2017) ; le SMAK, à Gand (2017) ; le Museum für Moderne Kunst, à Francfort (2016) ; le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (2015) ; Beirut Art Center (2014) ; la Whitechapel Gallery, à Londres (2013) ; le KW Institute for Contemporary Art, à Berlin (2013) ; entre autres. En 2016, Kader Attia s’est vu décerner le prix Marcel Duchamp, suivi en 2017 du prix de la Fondation Miró, à Barcelone, et du prix Yanghyun Art, à Séoul.
2. SÉLECTION D’ŒUVRES
3. PROGRAMMATION À LA GALERIE
4. PROJETS INSTITUTIONNELS
Louvre-Lens, 2026
MUAC, 2025
CAAC Sevilla, 2025
Public Art Abu Dhabi Biennial, 2024
MAMBO, 2024
Jim Thompson, 2024
AlUla Arts Festival, 2024
Sharjah Art Foundation, 2023
Quai Branly, 2021
Sesc Pompeia, 2020
Power Plant, 2018
12th Gwangju Biennial, 2018
57th Venice Biennale, 2017
MCBA, 2015
Biennale of Sydney, 2010
« Même lorsque vous êtes seul, vous n’êtes jamais seul. Lorsque vous contemplez une œuvre d’art, ne serait-ce qu’en tant que spectateur et non en tant qu’artiste, vous n’êtes jamais seul. Il y a en vous des millions de traces qui contemplent l’œuvre avec vous en même temps, et qui orientent votre esprit. »
« J’ai toujours considéré le recyclage comme un moyen de réinventer quelque chose, puis, à un moment donné, j’ai découvert que recycler, c’est réparer. »
5. VIDÉOS
2025
Leçon d’artiste – Kader Attia au Louvre – Caresses et violences dans la société du regard
Musée du Louvre
2020
Kader Attia, remembering the future
Kunsthaus Zürich
2018
Kader Attia
ARTtube
2016
Exhibition Film: Kader Attia. Sacrifice and Harmony
Museum MMK
2014
Kader Attia, l’art de la mémoire et de la réparation
France 24



















