
MALO CHAPUY
Vestigios
BOGOTA
SOLO SHOW
11.12.2025-07.03.2026
1. TEXTE DE L’EXPOSITION
La pratique artistique de Malo Chapuy (né en France en 1995) trouve son origine dans une vive curiosité pour les langages visuels de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Dans Vestigios, sa première exposition personnelle en Amérique latine, Chapuy s’inspire de ces langages picturaux et les met en dialogue avec des thèmes contemporains, créant ainsi des œuvres qui, bien qu’elles semblent avoir été sauvées des siècles passés, visent à confronter la solennité de la tradition picturale aux signes, aux gestes et aux angoisses du présent. Vestigios s’inscrit dans la continuité des explorations précédentes de l’artiste, en revenant sur l’idée d’une « nouvelle ère médiévale » émergeant après l’effondrement de notre civilisation. Inspiré par les peintres flamands et de la Renaissance des XIVe et XVe siècles, Chapuy crée des œuvres qui évoquent un souvenir lointain ou vague de l’Apocalypse et de ses conséquences : la mort des pauvres, l’exil des riches, la destruction de la Terre et la lutte pour les ressources.
Oscillant entre pastiche et allégorie, les peintures de Chapuy interrogent la fragilité de notre civilisation à travers des scènes empreintes de mysticisme et de références contemporaines. La précision technique des maîtres anciens se mêle à une lucidité sombre sur notre présent, où persistent des signes du sacré au sein d’un monde décomposé. Ses compositions, telles des reliques fictives usées et craquelées par le temps, se déploient. Telles des fragments d’un passé inexistant ou d’un futur sur le point d’émerger, chaque détail invite à une double lecture ; chaque image oscille entre prophétie et mémoire. De petit format pour la plupart et marquées par des ruptures intentionnelles dans leurs supports qui leur confèrent l’apparence d’objets séculaires, les pièces qui composent Vestigios invitent le spectateur à pénétrer les énigmes visuelles proposées par l’artiste, où les éléments bibliques et traditionnels sont remplacés par les ruines de notre époque – usines, centrales nucléaires, entre autres – et par des objets encore à venir, tels que des vaisseaux spatiaux.
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L’exposition propose une réflexion conceptuelle sur l’anachronisme, entendu comme le déplacement d’un objet hors de son contexte temporel. Profondément intéressée par la tradition picturale de la transition gothique à la Renaissance et par des figures plus tardives – Bernd et Hilla Becher, Le Corbusier, Laurent Grasso, Pierre Huyghe, et les écrivains Frank Herbert, Walter M. Miller et Arthur C. Clarke –, Chapuy conjugue avec finesse les références historiques et esthétiques à des regards critiques et dynamiques sur le présent. Les œuvres exposées forment un dialogue visuel qui entrelace différentes temporalités, créant des juxtapositions saisissantes entre passé et présent. Les éléments apocalyptiques qu’elles représentent deviennent des variations contemporaines de ceux décrits dans la Bible et la peinture médiévale : nuées de moustiques, empoisonnement aux radiations, pollution et catastrophes écologiques sont figurés de la même manière que les fléaux, les famines et les pestes dans l’art gothique. Grâce à un vaste répertoire de références artistiques, Chapuy met finalement l’histoire de l’art face à face avec le présent, soulignant les divergences qui persistent au sein du domaine de l’art contemporain.






