
« Je m'inspire souvent de l'esthétique de la Renaissance, même si je représente parfois des symboles gothiques. Mais ce qui m'intéresse le plus, c'est le discours gothique sur le plan politique, littéraire et poétique. »
1. BIOGRAPHIE
La pratique picturale de Sacha Cambier de Montravel commence par le choix du panneau de bois comme support, lisse et rigide, où artisanat et art ne font plus qu’un. À la manière des récits que l’on lit traditionnellement sur les polyptyques ou les antependia, il utilise son style de bande dessinée pour créer des tableaux énigmatiques, riches en codes et en symboles. Grâce à un jeu magistral sur la perspective, plusieurs récits miniaturisés, illustrés par des scènes hétéroclites, coexistent dans ses œuvres. Résolument graphique dans le détail, mais riche en substance grâce aux contrastes d’ombre et de lumière et aux reflets de la feuille d’or ou d’argent, sa peinture s’inspire des courants byzantin, gothique, des Primitifs flamands et du romantisme. On y reconnaît des échos de grands maîtres tels que Bosch, Dürer, Gustave Doré, Cranach, Van Eyck et Patinier. Mais cette familiarité esthétique, profondément enracinée dans l’histoire de la peinture et ses références anciennes, est détournée par une iconographie tout droit issue de l’ultramodernité. De paysages en apparence édéniques, tels que les criques de Marseille, émergent des sacs poubelles ; les montagnes sont sillonnées d’autoroutes, et les arrière-plans marbrés de zones industrielles. La nature, en tant que toile de fond, est représentée dans sa réalité désenchantée, dominée et exploitée par l’activité humaine. On y perçoit une sorte de solastalgie, une détresse contemporaine liée à la prise de conscience et à l’angoisse face aux changements environnementaux.
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Sacha Cambier de Montravel est diplômé de l’École nationale des Beaux-Arts de Paris en 2022 et de La Cambre, à Bruxelles, en 2020. Ses œuvres ont été exposées au Louvre-Lens (2025), au 68e Salon de Montrouge (2025) et aux Beaux-Arts de Paris.
2. SÉLECTION D’ŒUVRES
3. PROGRAMMATION À LA GALERIE
4. PROJETS INSTITUTIONNELS
Louvre Lense, 2025
« Le débat entre l’utopisme et la négativité — ou l’anti-relationnalité — semblait réglé depuis des années. Pourtant aujourd’hui, dans un monde qui s’assombrit de jour en jour, nous devons embrasser les ombres afin d’éclairer le chemin de ce soleil noir logé entre nos fesses. Aujourd’hui, j’affirme — et pas seulement pour moi-même — que toute dissidence cherchant à établir de nouvelles normes au nom de l’utopie, de la solidarité ou d’un avenir viable ne peut plus se passer de sa négativité, qui n’est pas son contraire mais son pendant poétique. »
« Après avoir passé de nombreuses années à explorer, d’un point de vue philosophique, historique et littéraire, les thèmes de la violence et de l’érotisme, je cherche aujourd’hui à articuler un corpus de pensée qui se veut l’héritier visuel des idées de Georges Bataille, ainsi que de celles de Nietzsche et de Sade, sans oublier d’autres penseurs qui ont façonné mon imagination et mon discours. »
5. VIDÉOS
2025
Pourquoi le Moyen Âge nous fait fantasmer
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