
GUADALUPE MARAVILLA
Las abuelas poderosas
BOGOTA
SOLO SHOW
25.09-29.11.2025
1. TEXTE DE L’EXPOSITION
Guadalupe Maravilla (né au Salvador en 1976) est artiste, humanitaire et guérisseur. À l’âge de huit ans, pendant la guerre civile au Salvador (1980-1992), il faisait partie de la première vague d’enfants déplacés et séparés de leurs familles par la violence du conflit. En quête de refuge, il a traversé la frontière américaine et a grandi aux États-Unis, obtenant finalement la citoyenneté américaine en 2006. S’inspirant de cette expérience, l’artiste transforme son histoire personnelle en une œuvre visuelle et rituelle, où art et guérison se rejoignent. Pour Las abuelas poderosas (Les Puissantes Grand-mères), sa première exposition personnelle en Colombie, Guadalupe Maravilla réunit une sélection de peintures-autels, de sculptures en pierre volcanique, de dessins muraux et d’œuvres qui entremêlent trois dimensions fondamentales de sa vie et de son travail : la spiritualité, la guérison collective et la migration. Ces pièces, qui fusionnent l’héritage ancestral et les expériences contemporaines, deviennent des instruments rituels de guérison.
Les sanctuaires picturaux puisent leur inspiration dans la mythologie personnelle de Maravilla et comportent des inscriptions de sa main, exprimant sa gratitude tout en reflétant les défis auxquels les immigrants sont confrontés aux États-Unis. Dans le cadre de sa démarche, Maravilla retrace son propre parcours migratoire après avoir fui la guerre civile afin de panser les plaies de ces lieux traumatiques. Cette exploration l’a conduit à engager des artisans locaux pour la réalisation de sculptures, de peintures et de gravures rupestres de grande envergure, réaffirmant ainsi son engagement à développer des micro-économies et des réseaux de soutien entre les communautés locales et les immigrants. Les sculptures en pierre volcanique évoquent le poids physique, émotionnel et symbolique du voyage migratoire. Ces œuvres sont un catalyseur de fragilité, appréhendée comme une forme de résistance pour celles et ceux qui portent leur monde entier sur leurs épaules ou entre leurs mains. Le choix du matériau, la pierre volcanique extraite du Salvador et travaillée par des artisans mexicains, renforce le lien avec le territoire, le déracinement et la collaboration.
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L’exposition Las Abuelas Poderosas présente également l’un des autels personnels de l’artiste, conçu pour protéger l’espace de la galerie. On y trouve aussi une fresque inspirée du jeu traditionnel salvadorien « Tripa Chuca », où les participants doivent associer des paires de nombres dans l’espace, en traçant des lignes qui ne se croisent pas et en reliant des points par des chemins insolites. Le résultat peut évoquer des intestins, des cartes topographiques ou des empreintes digitales, et symboliser les parcours migratoires des migrants. Maravilla joue souvent au « Tripa Chuca » sur les murs de ses expositions avec un participant engagé ayant lui-même vécu le déracinement. Pour Maravilla, l’art est un outil de guérison spirituelle. S’appuyant sur des pratiques traditionnelles et contemporaines, il anime des cérémonies et des ateliers avec des guérisseurs du monde entier afin d’activer les œuvres et les objets comme instruments d’auto-guérison. Les pièces de « Las Abuelas Poderosas » sont à la fois des œuvres d’art et des objets rituels.


